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Interview : SARAH W. PAPSUN

A l’occasion du festival Le Rock dans tous ses états (report à venir), nous avons eu l’occasion de rencontrer deux membres du groupe SARAH W PAPSUN : Romain le bassiste et « Suche » un des guitaristes, pour une petite interview sur le pouce à leur sortie de scène. Fer de lance d’une nouvelle scène indé pop française de qualité, leurs performances scéniques explosives et leur « coolatitude » rallient chaque jour un peu plus de fans.

STBC : Comment et quand est né Sarah Papsun ?

Romain : Trois des membres du groupe viennent de Reims, ils jouaient ensemble étant ados, et moi et Suche on avait nous même notre propre groupe d’ados à Paris, on a arrêté nos groupes les uns les autres, les Rémois sont venus bosser sur Paris. Il y a environ 7/8 ans ils se sont mis à chercher un bassiste en postant une petite annonce sur internet à laquelle j’ai répondu, nous nous sommes rencontrés et la connexion a été immédiate. Quelque temps après je leur ai présenté mon grateux, Suche avec qui ça s’est très bien passé. Puis quelques temps après on a eu envie de faire un son un peu plus electro on a recruté un autre pote qui était capable de faire ça et qui est devenu claviériste du groupe. Voila la genèse de Sarah Papsun.

STBC : Et donc le claviériste est arrivé combien de temps après exactement ?

Romain : Il y a environ 5 ans, nous étions à un tournant de l’évolution du groupe, nous voulions vraiment commencer à faire ça sérieusement. Et c’est à ce moment là que nous nous sommes dit que ça pouvait donner quelque chose et qu’il fallait que nous essayions vraiment.

STBC : Suite à ça, quel a été le moment ou vous vous êtes dit que ça commençait vraiment à prendre ?

Romain : En fait ça a été très progressif, à la base nous faisions du Math Rock, c’est une musique un peu alambiqué, c’est un truc qui arrive de Oxford, c’est très déconstruit avec des structures compliquées, de la musique de musicien, qui pourrait s’apparenter un peu à de la masturbation intellectuelle, il faut bien le dire. Donc au tout début on avait des morceaux d’une cinquantaine de minutes.
Et puis ensuite il y a eu le Fallenfest, on y était aller vraiment comme ça, c’était l’occasion de faire des dates, il y avait des belles scènes et puis on l’a gagné ce qui nous a surpris nous même. On était face à un jury de pros, ce n’était pas juste un concours à qui ramène le plus de copains. A partir de ce moment là on s’est dit que ça pouvait vraiment plaire.

STBC : En quoi le Fallenfest vous a aidez ?

Romain : Grace à ce concours nous avons gagné des journées studios, on a pris des séquences de cinq minutes sur notre morceau et on l’a retravaillé. Et dans la foulée on a sorti notre premier EP, qui n’est pas si mal produit compte tenu de ce que l’on savait faire à l’époque, c’était une bonne leçon d’apprentissage. Cet EP est tombé dans les mains de JD Beauvallet des inrocks, ça lui a pas mal plu, il nous a mis un peu en avant et on a fait quelques scènes qui nous ont donné l’énergie et l’envie de sortir un deuxième EP que l’on a en partie financé nous même.
Ensuite on a gagné le Fair, puis on a enchaîné sur notre première vraie tournée qui nous a motivé à fond et on a enregistré notre premier album dans la foulée en dix huit mois.

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STBC : Et quand vous êtes en studios justement, comment se passe la composition, c’est chacun sa mission ou un travail commun ?

Romain Sarah Papsun c’est un expérience de démocratie totale, tout est fait tous ensemble, pour te donner un exemple même les lignes de guitares sont discutées par tout les membres du groupe pas que par les guitaristes.

STBC : Et il n’y a jamais de conflit d’influences ?

Romain Si, parfois mais en pratique nous sommes assez vite d’accord sur ce que nous voulons faire, nos influences centrales sont les mêmes, par exemple les Edmund Fitzgerald ou Youth movies qui sont des groupes math rock un peu barrés, après il y a des choses un peu plus mainstream comme Foals ou Two doors cinema club. On écoute aussi pas mal d’electro, comme Justice, Vitalic, Yuksek, le truc french touch un peu.
Suche : et Gesaffelstein aussi et surtout, on est très fan de sa musique

STBC : Des influences plutôt contemporaines en somme ?

Romain Oui mais en même temps avec le claviériste on peut passer des heures à jurer sur Pinkfloyd. On a tous aussi beaucoup écouté Led Zep. Après c’est tellement vaste, et puis entre ce que tu dis et ce qu’il se passe dans ta tête quand tu composes il y a un monde. Et puis depuis que nous avons commencé il y a eu beaucoup d’évolution. Ces derniers temps par exemple on écoute beaucoup de hip hop américain, on s’échange des sons à longueur de temps. Tout ce qu’on trouve bon y passe. Le hip hop américain en termes de sons est d’un richesse folle. Et même si nous ne faisons pas de hip hop, c’est intéressant de piocher partout et de rester ouvert a tout ce qui se fait.

Suche : La manière dont ils travaillent et mettent en valeur les sons ou meme juste la texture est incroyable.

Romain : Ce qui est intéressant aussi c’est de voir comment ils travaillent le son, pourquoi ça fonctionne si bien, comprendre d’où ça vient. Ensuite on le met de côté et puis on l’utilisera ou pas. Et c’est bon de le faire pour tous les styles. On apprend aussi de cette manière et ça nous permet de grandir en écoutant.

Suche : Si tu prends les même compos, les mêmes lignes mélodiques jouées par les mêmes instruments, tu changes ton traitement de son et tu n’as pas le même morceau, c’est super intéressant d’explorer les possibilités.

STBC : On est d’accord que l’on ne va pas jusqu’à l’autotune quand même ?

Romain/ Suche : JAMAIS ! Quand c’est faux c’est bien.

STBC : Et le deuxième album, l’inspiration ce sera quoi ?

Suche : Et bien justement on est en train de se mettre doucement au travail, on est sur deux titres que l’on est en train de composer. Sur l’un d’eux il a un son de batterie on dirait les PINK FLOYD on entend bien les flux et les raisonnances , celui d’après on dirait de l’electro, il n’y a pratiquement que de l’electro dans la batterie. Les influences seront multiples.

STBC : Vous considérez que c’est une manière récente de travailler ?

Romain : Avant c’était plutôt les producteurs qui faisaient ces recherches. Le travail des sons, ça a dix-quinze ans, depuis que les gens ce sont mis à produire des sons tous seuls devant leurs ordinateurs.
Suche : Le Home studio fait que maintenant tu te poses des questions, qu’avant tu n’avais pas à te poser.

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STBC : Il paraîtrait qu’en plus de faire de la musique vous avez encore de « vraies professions » à côté, c’est vrai ?

Romain : Absolument ! Pour ma part je suis musicien mais aussi prof de math.

STBC : Et l’idée de tout lâcher pour faire de la musique ne vous a pas traversé l’esprit ?

Romain : Disons que nous avons la chance à la base d’avoir des jobs qui ne sont pas qu’alimentaires . Et puis il y a aussi une notion de plaisir et de liberté que nous n’aurions pas si cela n’étais pas le cas. Le fait de faire de la musique quand on n’en dépend pas financièrement, ça devient un plaisir uniquement artistique, on a pas de concessions à faire, on compose nos albums et notre musique comme on le veut, si ça marche on est super heureux de la faire partager, notamment ce soir c’était dingue, le public était super réceptif. C’était complètement fou. On a vraiment pris un gros kiff.
Mais il est vrai aussi que si ça ne plait pas, ça ne met pas non plus nos vies en danger, on a pas besoin de modifier nos compos, de se mettre à chanter en français par exemple, ou même de suivre les conseils d’un directeur artistique qui est là pour faire de l’argent.

STBC : Et donc les plans pour un futur immédiat ?

Romain : Pour le moment on va terminer la tournée de cet album, jusqu’ en novembre pour aller jusqu’au bout du truc et défendre notre album jusqu’au bout. Et puis la compo du deuxième album. On repart en studio, on met nos vies de côté, le sommeil sera en option. Comme pour le premier album on sort du boulot et on va au studio.
Suche : Sauf si on nous offre un million d’euros, (rires) on adore nos jobs mais on ne serait pas contre.
STBC : Et donc dernière petite question, qui est Sarah w Papsun ?

Romain : Sarah est une vraie personne, hier encore elle était à notre répétition.
Suche : C’est une meuf géniale qui mérite d’être connue.
Romain : C’est vrai qu’elle est géniale, elle devrait être une star, on fait en sorte que son nom soit connu.

Photos © STBC

 

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