Interviews

Interview : METZ

On a déjà parlé d’eux plusieurs fois dans nos colonnes, METZ est un groupe que l’on affectionne tout particulièrement. Pourtant, assister à un concert du groupe n’a rien… d’affectif. Loin d’un punk rock adolescent bricolé dans un garage, le trio canadien venu de Toronto a su prendre son temps pour maîtriser aussi bien l’écriture que la méthode. Vite devenus les meilleurs ambassadeurs d’un post-punk à l’animalité retrouvée, leur réputation scénique furieuse les précède à chaque concert.
Alors quand l’occasion est venue de leur toucher quelques mots pendant le festival, on s’est empressé d’improviser quelques questions. Et en plus, la rencontre fut tout à fait charmante, les garçons se révélant finalement posés, agréables et déconneurs.

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Comment allez vous, vous êtes sur la route depuis longtemps ? en promo pour le nouvel album ?

Chris Slorach (Basse) : On est sur la route depuis juste 2 semaines, en alternant festivals et salles de concert. On va plutôt bien ouais !
Alex Hedkins (guitare, chant) : Oui, on va continuer à tourner pendant 6 mois. Cette tournée nous emmène jusqu’en février prochain. Nous n’en sommes qu’aux débuts.

Je me sens obligé de vous demander les origines de votre nom de scène, Vous avez apprécié nos contrées, ou bien la similitude avec le mot mess en anglais vous plaisait ?

Alex : c’est une façon de le voir, mais ça n’a jamais été notre intention. Honnêtement, on ne pensait même pas s’extirper de Toronto et encore moins que les gens chercherait à comprendre ce mot… Mais plus simplement, on appréciait l’esthétique, on aimait le côté graphique et ce son. Il n’y avait pas de référence particulière à la France. C’est vrai qu’on est allé à Metz et qu’on y a passé un bon moment, mais on ne pensait pas avoir à répondre à cela parce que nos ambitions étaient très faibles.

Votre second album est sorti il y a peu, comment appréciez vous ce moment, la réception du public, de la presse ?

Alex : C’est difficile de ne pas être concerné par tout ça de nos jours. Les medias vous le renvoie vite à la figure. Mais pour nous 3, ca a été incroyable, vraiment très positif. Beaucoup de gens nous on dit que c’était un prolongement du 1er album et on est assez d’accord. C’est un album plus fort, sur l’écriture, l’enregistrement, notre jeu. Donc on en est très content.

Vous sentiez qu’il était temps de donner de donner une suite au 1er disque ?

Alex : oh oui !! On voulait vraiment jouer de nouveaux titres !
Chris : Il y a encore plein de choses à venir. On va essayer d’être un peu plus prolifiques dans le futur. On a passé trop de temps sur la route.
Alex : C’est vrai qu’on a passé plus de 2 ans à tourner. Cette fois on va essayer de retourner en studio plus tôt et faire en sorte que la musique nous vienne plus rapidement. Parce qu’en plus on adore ça !

Vous êtes du genre à toujours avoir de nouveaux titres en tête ?

Alex : On y pense pas mal, mais c’est beaucoup trop compliqué d’écrire sur la route. Donc un moment viendra ou on va booker moins de shows pour pouvoir être à la maison, écrire, enregistrer…

J’adore la rage et la fureur que vous mettez dans vos albums, et pourtant, en concert, je ressens une nouvelle expérience, quelque chose de différent….

Alex : Oui je comprends… justement parce qu’on ne souhaite pas que l’expérience soit identique. Lorsque j’écoute un album, je n’ai pas envie que le groupe joue la même chose en live. J’ai envie d’aller plus loin. Un concert n’est pas le même médium et ça ne sert à rien de répliquer à l’identique. L’idée d’apporter une sensibilité différente sur scène nous excite beaucoup. On expérimente pas mal en studio, on prend le temps d’explorer les opportunités. Mais on ne peut pas faire ça en live, nos mains sont trop liées. Donc on est certainement beaucoup plus directs du coup.

Vos titres semblent effectivement bruts et naturels, c’est le cas lors des enregistrements ?

Chris : Sur le moment, on improvise beaucoup et parfois les choses viennent vite se poser comme base d’un enregistrement.
Alex : Mais il y a aussi beaucoup de travail d’écriture et de démos. En studio, certaines choses arrivent toujours par hasard mais pour d’autres, on savait déjà depuis longtemps dans quelle direction aller.

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En gros, vous cherchez à ne pas à trop intellectualiser la musique ?

Alex : Parfois, on revient sur nos pas. Mais sur ce second album on a tenté de ne pas trop le faire. Pour le 1er disque, il s’agissait d’essayer d’être parfait. Pour celui-ci, on s’est juste dit qu’on devait surtout ressentir que c’était bon, et ne pas perfectionner à tout prix. Je me fous à peu près que le tempo se modifie ou qu’il y ai de petits défauts, tant que j’ai le sentiment que j’ai ce que je voulais, parce que ça se rapproche du ressenti live.

J’ai lu que vous n’aviez pas eu trop de mal à trouver votre label, le mythique Sub-Pop…

Chris : Disons que… on avait juste fait un enregistrement. On respecte beaucoup ce label, on en était fan depuis longtemps. Après avoir fait nos enregistrements, on les a envoyé à un contact qui datait d’il y a longtemps. Et tous s’est passé naturellement ensuite. On a envoyé nos démos à ce seul label, je crois qu’une seule personne l’a écouté, et il nous a dit qu’il était intéressé… donc on y est allé ! On a surtout été très chanceux de trouver un label qui avait les même idéaux que nous.
Alex : Ils nous ont quand même sauvé un peu le coup (ah ah ah)

Le Canada est très prolifique en nouveaux talents ! Par ailleurs, vous êtes familiers avec quelques groupes de la scène grunge rock, vous connaissez un peu les gars de Fidlar non ?

Alex : Oui vraiment, Toronto est une ville géniale, remplie d’artistes fantastiques et de bons groupes. Et le reste du Canada aussi : Montreal, Hallifax, Vancouver, Calgary. C’est vraiment agréable de venir d’un endroit sur lequel les gens portent leur attention.
Hayden Menzies (Batterie) : On connait Fidlar vite fait, mais on a pas trop discuté en fait…
Alex : On fini toujours par se croiser régulièrement avec quelques groupes, et parfois on devient bons potes. C’est facile de se rencontrer, c’est plutôt cool.

Qu’est ce que vous écoutez en ce moment?

Chris : J’ai reçu il y a peu le nouveau Protomartyr et je le trouve vraiment très bon !
Alex : J’aimerais bien voir Jon Spencer ce soir, ça devrait être assez cool.
Chris : On a écouté aussi le nouveau Holy Fuck. Il n’est pas encore sorti mais c’est un bon album. Soupcans aussi est un très bon groupe de punk-rock qui vient de Toronto.

On mène une vie assez modeste basée sur le principe que l’on veut juste jouer autant de musique que l’on peut

– Est-ce que vous vous sentez concerné par les questions actuelles autour de l’industrie musicale et la distribution ?

Chris : Et bien… On ne gagne pas d’argent sans vendre de disque…
Alex : On mène une vie assez modeste basée sur le principe que l’on veut juste jouer autant de musique que l’on peut…
Chris : oui on vit très simplement sur les deniers du groupe.
Alex : On est content d’être nos propres boss. On a la chance d’avoir toujours pu faire ce que l’on voulait depuis longtemps, personne ne nous dirige, on prend nos propres décisions. On se sent vraiment chanceux d’avoir cette liberté. C’est un luxe, une chose magnifique que l’on ne prend pas pour acquise. A chaque fois que l’on joue dans des endroits comme ça, on se rend bien compte que c’est magnifique.

Donc finalement, tout roule pour vous en ce moment !

Alex : Qui sait ! Haha ha. Franchement, tout va bien en ce moment, on est vraiment heureux que le nouvel album soit sorti et pouvoir aller de l’avant avec ça.

La 1ere fois que je vous ai vu sur scène, un spectateur m’est tombé dessus, le nez ensanglanté. Il m’a demandé un mouchoir, que je lui ai tendu. Mais au lieu de se reposer un peu sur le côté, il a foncé tête baissée à nouveau dans le pit. j’étais scié… Mais j’ai eu l’impression que ça définissait pas mal l’énergie que déploie vos concerts au final !

Alex : Haha ha, quel type ! Mais on ne veut pas que les gens se blessent hein !
Chris : Effectivement, on tient là un champion !
Alex : Mais tu vois, c’est ça que je veux dire lorsque je parle du fait de se perdre complètement pendant un moment avec la musique en live. C’est cette sensation que j’aime !

Remerciements à Pias 
Photos et interview @ Bastien Amelot pour STBC

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