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ARTE CONCERT FESTIVAL (15/04/16) – La Gaîté Lyrique

Cette première édition du Arte Concert Festival à Paris assume sa programmation de manière à la fois assez éclectique et désordonnée. On sent en effet une organisation en rôdage pour être honnête, voire rigide et à la limite de l’irrespect.

Le line-up attire ce soir une foule variée et impatiente, dans le gros cube de la Gaîté Lyrique. Rapidement sold-out, cette soirée d’ouverture estampillée « Rock » est entamée par les montréalais de OUGHT. L’audience, relativement attentive, semble prise à froid, et s’avère assez peu réactive aux compositions ciselées du quatuor. On se dit qu’il est un peu tôt, et on sent le groupe timide voire gêné par un ampli foireux et un réglage du micro voix au minimum, ce qui dessert la circulation des émotions, pourtant nécessaire. Néanmoins les bonnes intentions reprennent le dessus sur la technique en fin de set, sur « More Than Any Other Day » et « Beautiful Blue Sky » en particulier, d’ailleurs toutes deux chargées de sens pour beaucoup d’entre nous écumeurs de concerts parisiens, et qui constituent toujours un pur plaisir en live.

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Changement de plateau, le temps de mettre en place la batterie Ludwig vert scintillant d’Ira Elliot. Les plus francophiles des new-yorkais ont droit ce soir à un créneau (trop) restreint, compte tenu de l’affection que la France et sa capitale leur témoigne, et concentrent ici toute leur bonne humeur sur une soixantaine de minutes. Nombreux apartés de Matt Caws, précision voire sérieux de Doug Gillard, désormais membre permanent de NADA SURF, basse survoltée de Daniel Lorca, la clope au bec éteinte, et surtout, surtout, des milliers de petites étincelles quasi invisibles de bonheur qui s’échappent du regard et des baguettes d’Ira Elliot. Le professionnalisme américain s’allie encore à la détente européenne, les nouveaux titres convainquent autant que les hymnes d’il y a 15 ou 20 ans. « Happy Kid », « The Way You Wear Your Head », « See These Bones » sont chacune cohérentes avec la patate de « Animal », la finesse de « Friend Hospital », la fragilité de « Believe You’re Mine ». En rappel déguisé (pas le temps ce soir de simuler une sortie de scène), « Popular » fonctionne à merveille, l’inéluctable « Always Love » fait le boulot, et la structure géniale de « Hyperspace » en final nous laisse un goût de reviens-y aromatisé à la dopamine. Vivement demain au Point Éphémère !

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Mais l’aberration de la soirée se présente ensuite sous nos yeux. ANNA B. SAVAGE, éblouissante derrière sa blondeur, seule avec sa gratte blues et son ampli, est parquée en zone de passage sur une mini estrade à l’entrée de la salle. Elle s’exécute, touchante, à fleur de rock’n’roll, au milieu des badauds qui s’en foutent, alimentent leur compte Instagram en 4G, vont chercher leur ration de pinte à 8 euros, ou rigolent à gorge déployée au photomaton brandé Arte Concert. On est sous le choc, sans mots.

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… Ce qui en fait nous lassera pour le dernier quart de la soirée. Nous apprécions THE DIVINE COMEDY et sa scénographie grandiloquente d’une oreille moins attentive déjà. Neil Hannon est pourtant en belle forme et la salle est bien compacte, semblant trouver l’ambiance normale, absorbée par la présence magique de l’irlandais.

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Nous quittons les lieux avec le sourire d’avoir assisté à une affiche excellente, et le lourd regret qu’elle ne fut tirée à profit. Pourquoi ce qui aurait pu, dû, être la découverte du soir, voire la claque parfaite du festival, se retrouve enseveli sous une grosse vague de dégoût et de frustration ? Mauvais calcul de programmation, envie de beaucoup plus, besoin de prendre l’air… Quatre plateaux au global peu mis en valeur à leur juste mérite, et peut-être une mauvaise définition de l’idée de « Rock » qui devait fédérer ce 15 avril à la « Gaîté ».

Texte et photos © erisxnyx pour STBC

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