Focus/Interviews

Focus : WHITNEY, douce brume sonore ….

À l’occasion de la sortie de l’album de WHITNEY, « Light Upon the Lake », disponible le 3 juin sur le label de The War on Drugs, Secretly Canadian, rencontre avec les membres du groupe.

Ne pas se méprendre, Whitney Houston n’a rien à voir avec ce qui va suivre. WHITNEY, est un personnage qui a émergé de l’esprit de Julien Elrich ainsi que celui de son acolyte Max Kacakek. L’idée était de permettre une unité à leur formation musicale, de composer en tant qu’une seule et même personne : « Au début nous voulions nous distancier de ce que nous faisions, mais en chemin nous avons compris que cet album était très personnel. WHITNEY est resté comme une entité qui nous permet de prendre du recul parfois. »
Si leurs noms semblent familiers, c’est qu’ils n’ont pas cherché à cacher leur affiliation à Unknown Mortal Orchestra et Smith Westerns pour repartir à zéro, « Nous ne voulions pas faire de formation secrète, je pense que tout le monde voit Whitney exactement comme l’unique formation qu’elle est, avec notre son spécifique et novateur et c’est juste ce que l’on demande ». Quant à la séparation de Smith Westerns, ces derniers expliquent « On pensait que ça s’était fini en bons termes ». Pourtant dans son clip Cullen Omori met le feu à une affiche de son ancien groupe… « Si c’est une tentative pour nous provoquer, ça ne fonctionne pas. Il a un humour très bizarre je pense. » Kacek avoue alors que durant les mois précédant la fin du groupe, il ne parlait plus qu’à Elrich avec qui il partage maintenant un appartement.

whit

Genèse d’un groupe hybride
Lors de l’hiver rude de 2015, dans leur salon à Chi-town, ils se sont mis à faire de la musique. Une sorte de catharsis à un moment où rien n’allait plus pour eux « On a commencé à en faire pour rester sain d’esprit, nous sortions tous les deux de très longues relations, nous étions très fragiles et anxieux. Nos chansons parlent du fait de perdre l’amour de sa vie et de se retrouver sans but et déprimé. » Une histoire à la Bon Iver qui donne un résultat tout aussi pur. WHITNEY se caractérise par un son soul folk-country cotonneux avec un quelque chose de Fleet Foxes et de Neil Young. Une musique mélancolique et rêveuse, sorte de sadcore pourtant lumineuse. « C’est une musique triste même si elle sonne heureuse« . On ne peut voir sur youtube, pour l’instant, qu’une poignée de chansons, dont leur reprise d’Allen Toussaint (légende du rythm’n’blues) à l’esprit très lo-fi et opiacé. Si cette reprise témoigne de leur ouverture musicale, elle ne figure néanmoins pas sur l’album « J’ai découvert cette chanson grâce à mon père, je connais peu ce style mais la jouer nous a aidé à construire et peaufiner notre son. Nous voulions que notre album ne soit composé que de nos créations. » Best new music du mois chez Pitchfork, leur titre « Golden Days », à l’atmosphère vaporeuse laisse quant à lui placide. La voix y est très singulière, presque féminine avec une certaine fragilité. L’album, bien qu’il soit le fruit de la collaboration des deux hommes, a pris forme grâce à d’autres instrumentistes : une basse, un clavier et une trompette. Une composition très complète pour un son riche « Les musiciens qui se sont ajoutés à nous ont vraiment apporté des changements dans le son. Ils sont incroyables, surtout de par leurs performances live. On s’est rendu compte que certaines improvisations donnaient un ensemble bien meilleur que les versions telles qu’on les avait imaginées à deux. »

Après une tournée partagée avec Tobias Jesso R, ce dernier a fait écouter leur démo à Jonathan Rado, de Foxygen qui les a invités dans la foulée à Los Angeles enregistrer leur album dans son studio. En campant dans son jardin ils ont apprécié le paysage californien : « Se lever le matin en pleine nature au soleil, être dans un environnement magnifique, parmi les éléments et la nature c’est là que nous nous sentons le mieux et les plus heureux ». Cette nature revient dans leurs morceaux, comme un leitmotiv. L’atmosphère du mid-west de Chicago, ses lacs, ses paysages les influencent particulièrement « C’est une ville magnifique, mais pas à la manière de Paris car les bâtiments et l’architecture sont normaux, plutôt parce que nous aimons les gens qui y habitent« .
Ces jeunes gaillards sensibles sont aussi très drôles. Leur compte twitter regorge de blagues et d’autodérision. Julien Elrich y revient sur les dreadlocks de Justin Bieber « C’est affreux, c’est comme ci il s’était accouplé avec le DJ dans Zoolander. Le pire c’était la période du bandana. Cela dit, il est plutôt beau gosse. » et leur amour pour les séries Gossip Girl ou the OC.

WHITNEY sera en concert au Point Éphémère le samedi 18 juin.

Propos recueillis par Chayma Mehenna pour STBC
Remerciements à Secretly Canadian

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