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THIS IS NOT A LOVE SONG – Jour 2 (04/06/16)

Après une bonne nuit réparatrice d’une riche première journée, notre TINALS se poursuit sous un ciel nîmois orageux. La programmation du samedi nous paraissait dans l’ensemble un léger ton en-dessous des deux autres jours rayonnant de rock’n’roll, et pourtant…

On investit le site du festival dans l’après-midi pour se diriger vers la scène Mosquito, décidément propice aux découvertes et confirmations, chargée de bon esprit. En accès gratuit, SHEER MAG nous hypnotise quelques bonnes minutes. Le quintet de Philadelphie est en bonne forme face à un soleil hésitant, et s’ébroue avec sincérité, de tout son rock bien inspiré seventies. L’allure de la frontwoman déstabilise un peu, tandis que nous goûtons à l’intention de la formation.

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Le temps de muser un peu entre les stands, et c’est au tour de PALEHOUND de prendre possession de la petite scène extérieure. Lors d’un set assez similaire au précédent, et donc assez plaisant, les Bostoniens dévoilent des compositions rock intéressantes. Ils n’hésitent pas à déconner avec leur audience dans un contexte un peu stressant (annulations de trains, inondations) ; demandant un covoit’ pour pouvoir remonter le lendemain sur Paris contre échange de multiples bons procédés… Sans crier au génie ou développer une passion subite, on est assez vite absorbé. Touchante, les larmes dévalant ses joues, Ellen Kempner exécute un rappel solo réclamé par l’audience, avec une poignante « Love Song » dont elle excuse l’intrusion dans ce festival, et qui n’a en effet pas grand-chose à voir avec un Johnny Rotten de 83 ! Une touche de finesse dans une fosse de brutes…

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Une partie de la team se faufile vers le Club pour profiter de WEAVES, mais déjà impossible de s’y frayer un passage. La file d’attente est bien trop décourageante, direction donc la grande scène extérieure peuplée de tous les fans nostalgiques du shoegaze britannique des 90’s. Est-ce parce qu’à l’époque nous étions passés à côté de ce groupe que ce concert nous ennuie rapidement ? Possible, la musique de LUSH nous semble aujourd’hui plus proche d’une dream-pop engourdie, aussi vaporeuse que le voile de fumée qui les cache, que d’un vrai brûlot électrique. Les membres du groupe ne semblent d’ailleurs pas dedans, et même si Miki Berenyi tente en forme de clin d’œil exclusif une touchante version française de « Desire Lines », on abandonne au bout de quelques titres, soit pour un repli vers une salle intérieure (il commence à pleuvoir), soit pour une piqûre d’adrénaline en scène Mosquito.

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C’est ALGIERS, à l’abri dans la belle salle de la Paloma, qui nous filera de solides émois rock’n’roll ce soir. Car si leur prestation à la Route Du Rock l’an dernier nous avait laissé une tiède impression, les quatre gars d’Atlanta signés chez Matador/Beggars ont largement rattrapé leur coup. En balançant d’entrée leurs deux titres les plus sauvages, ALGIERS prend le public à la gorge. La suite sera plus nuancée, dans leur style gospel/punk qui les caractérise. Mention spéciale au remuant chanteur/musicien Franklin James Fisher, frontman chamanique en état de grâce qui délivre à lui tout seul une excellente décharge rock.

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En parallèle, DIRTY FENCES perdent un bon quart d’heure sur leur stage time à s’installer sous une pluie de plus en plus lourde. Mais notre patience sera récompensée, vue la verve dégagée sur chaque titre d’une setlist compacte et surtout bien poisseuse, dans le bon sens du terme. Les membres d’autres groupes du jour (SHEER MAG, PALEHOUND etc.) ne s’y trompent pas non plus et assistent à ce concert dévastateur depuis le côté de la scène. Ça slamme dans tous les sens sous les éléments déchaînés, on sort de là vidé.

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Après cela, sans transition aucune, s’offre plus ou moins successivement le choix entre trois groupes à trois lettres : AIR, LUH et HER. On ne verra pas ce dernier (jauge du Club vite saturée…), mais on retrouve entre les murs de la grande salle Mr. Ellery James Roberts, ex-leader des regrettés WU LYF et son nouveau projet LUH, accompagné par sa moitié Ebony Hoorn. Le couple à la ville comme sur scène parcourt l’Europe depuis quelques mois avec un premier album sous le bras. Aussi, leur passage par La Boule Noire le 7 mars dernier ne s’était pas avéré selon nous une grande réussite, essentiellement en raison d’approximations vocales de la demoiselle. En entamant leur set par le single épique « I & I », LUH semble ce soir vouloir donner une performance d’un autre niveau. La voix rauque de Roberts est en place, et celle de sa douce en net progrès. La musique est parfois un peu indigeste de par sa noirceur et sa propension à filer dans toutes les directions, néanmoins on se retrouve dans la fragilité et la mélancolie qui s’en dégage, preuve que l’âme de WU LYF plane encore dans les parages…

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Pendant ce temps, le duo versaillais tête d’affiche de ce samedi foule la scène Flamingo devant un parterre de fans transgénérationnel et bien fourni. C’est surtout de loin que nous assisteront au set d’AIR, agréablement surpris de l’intemporalité de leurs tubes (entre autres « Don’t Be Light », « Playground Love », « Kelly Watch The Stars », et l’inévitable « Sexy Boy »). Sans nous transporter dans le plus vif élan rock’n’roll, cette prestation nous laisse un doux souvenir, une petite bouffée d’air si on ose… Quelques imprévus techniques bouleversent le déroulé du set, qui déborde un peu sur le timing alloué…

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… Et c’est regrettable. Car une nouvelle salve inattendue nous éclabousse ce soir, grâce aux allemands de CAVERN OF ANTI-MATTER. Totalement absorbés par la percu sauvage et hypnotique, les boucles du clavier et la gratte électrisante, le trio instrumental nous balance une grosse claque sans nous permettre de reprendre souffle. On aime ou on n’aime pas, mais on est vite fixé, et dans l’ensemble pour la plupart des présents, la sauce prend immédiatement. Même les p’tits gars de THE MYSTERY LIGHTS au premier rang sont complètement à fond, et on ressort de cette apnée sous les étoiles avec une énergie nouvelle. Le set à rallonge d’AIR juste avant raccourcit de fait celui des Berlinois, ce qui provoque une petite furie du public, reconnaissant envers cette torgnole cosmique un brin trop courte.

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D’autant qu’il est l’heure pour les légendaires DINOSAUR JR de monter sur la grande scène extérieure, et nous de les y retrouver. Les réglages micro de J Mascis sont malheureusement catastrophiques sur le premier morceau, et tous les autres ensuite seront agrémentés d’une grosse couche dégueulasse de crin-crin saturé rendant le tout pénible à supporter. Ce que nous attendions avec impatience comme un des highlights les plus élégants et électriques de cette édition, finit par nous écœurer jusque dans la cage thoracique. Aussi consternés et impuissants que Murph qui quitte sa batterie entre chaque titre pour intimer à la régie de régler le problème, nous quittons les lieux, l’écho d’un concert tristement raté se fracassant sur les façades alentours comme dans un rêve étrange.

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Mais la prog’ du lendemain nous excite déjà carrément, et nous sommes encore loin de la fin de nos émois nîmois.

Texte : erisxnyx et MA pour STBC
Photos : Bastien Amelot et erisxnyx pour STBC
Remerciements au TINALS

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