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THIS IS NOT A LOVE SONG – Jour 3 (05/06/16)

Après un premier jour qui a tenu toutes ses promesses, puis un samedi en demi-teinte mais néanmoins plaisant, la programmation du dimanche s’annonce pour nous comme la plus excitante du festival. Un dernier jour dense et ravageur, avec quelques-uns des groupes que l’on a pris le plus de plaisir à suivre au cours de ces derniers mois. La suite va s’avérer au-delà de nos espérances…

C’est avec une découverte que la soirée commence. THE OBGMs (The oOohh Baby Gimme Mores) investissent la petite scène extérieure à 18h40, et vont littéralement la retourner. Le quatuor de Toronto se livre à un set extrêmement fougueux, grâce à des chansons épidémiques qui transforment rapidement le devant de scène en joyeux bordel. Un rock esprit garage, une bonne attitude entre punk et metal (le bassiste et sa dégaine hardcore, splendide), et un chant qui flirte avec le groove hip-hop, THE OBGMs envoient un maximum de bonnes sensations. Le chanteur/guitariste Densil McFarlane donne facilement de sa personne, demande la participation du public à la moindre occasion ; les membres se paient plusieurs incursions successives au milieu de la foule. Cette dernière journée commence de la plus belle des manières : du rock et du fun à outrance.

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Un passage par la salle Paloma en compagnie de ROBERT FORSTER nous tient en agréable humeur. La faute à une programmation (trop !) riche en excellents plateaux, la formation des australiens ne saura guère nous retenir malheureusement, face à d’autres canadiens que nous connaissons bien en simultané…

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Direction donc la scène Flamingo : nous ressortons les bouchons d’oreilles. En effet, qui a déjà vu METZ en concert sait à quelle décharge électrique nous sommes confrontés ; les trois gars ne faillissent guère à leur réputation devant les caméras de Culture Box. Une heure d’un set mené à grands coups de noise-rock de haut niveau, entre rythmiques déstructurées et mélodies dissonantes délivrées en urgence. L’investissement du groupe est total, mais comment pourrait-il en être autrement ? Une vraie bousculade sonore qui agace certains, et qui déchaîne les autres : les guitares d’Alex et Chris gueulent à tout va, Hayden frappe ses fûts façon bûcheron et c’est parti pour un set tout à base de fureur. Il n’y a pas de pause avec METZ et c’est tant mieux.

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Un petit tour par le post-punk un chouïa fatigué de DRIVE LIKE JEHU dans la grande salle de la Paloma : Rick Froberg avoue lui-même, la clope au bec, avoir quelques difficultés vocales ce soir… On assiste néanmoins à ce petit cadeau de la prog’, confortablement installé dans les gradins en hauteur, avant de se positionner au Club mitoyen…

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Les trois loulous de UNSANE vont prendre place, acclamés par un public qui semble savoir exactement pour qui il a fait le déplacement aujourd’hui. Dans l’attente, nous tendons l’oreille vers quelques discussions de fans pour lesquels ce groupe alimente un affect, une passion sans limite depuis près de 30 ans. Une bonne humeur sans égale se déverse ainsi par vagues dans cette petite salle suintante pendant trois bons quarts d’heure, au rythme d’un hardcore punk qui, paradoxalement, nous fait doucement fermer les yeux et apprécier l’instant.

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Repassant devant la grande salle où on entend un bout du set de TORTOISE assez lancinant, la team assume son choix de plutôt retrouver dehors un de ses groupes chouchous : PARQUET COURTS. Avec un récent LP dans la besace, le groupe installé à Brooklyn semble avoir trouvé le juste dosage entre garage songs immédiates et titres plus nuancés à connotation pop. C’est d’ailleurs en majorité les chansons du dernier album que le groupe va exécuter… Décontractés, arrivant sur scène avec le carton de pizza, et un brin sarcastiques (mention à l’humour spécial du guitariste-chanteur Austin Brown), les new-yorkais vont balader le TINALS entre quelques envolées sauvages, déroutantes, et morceaux plus posés à l’allure lo-fi. C’est surtout lors des passages les plus enlevés que l’on apprécie particulièrement les kids. Le final tonitruant « Bodies Made Of » / « Sunbathing Animal » / « Black and White » suffit d’ailleurs à lui tout seul à nous rappeler que ce groupe est nettement plus qu’un phénomène éphémère. Pas le meilleur PARQUET COURTS que l’on ait vu cependant, la faute à une setlist un peu trop bancale pour créer une vraie ambiance, mais tout de même dans la parfaite lignée rock’n’roll de la prog’ du jour.

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En parlant de claque rock’n’roll, nous revoilà fonçant à toute allure retrouver nos dublinois maudits préférés. Suite à plusieurs annulations de tournées ces derniers mois, GIRL BAND nous offre un set bien chargé en forme de défouloir complètement gratos. L’animalité de Dara Kiely est intacte, mais son pied de micro est à peu près aussi défoncé que les tympans du badaud non averti. Car il en faut de la colère, de la tristesse, du dégoût pour balancer ses tripes à ce point à chaque concert. Pendant qu’Alan, Adam et Daniel donnent dans le bruit expérimental plus que dans la mélodie, Dara semble effectivement possédé derrière son micro. Et si une partie du public ne comprendra sans doute jamais l’attrait de ce groupe viscéral, le reste est bel et bien au combat devant la scène. Ça saute dans tous les sens, on en prend plein les côtes, tandis que les vigiles se tiennent debout au milieu du pogo… Tant les quelques nouveaux morceaux, que les bombes « Why They Hide Their Bodies Under My Garage? », « De Bom Bom », « Paul » et « Pears for Lunch », ou l’instantanée « Cha Cha Cha », font toujours mouche à la perfection, l’azur étoilé en toile de fond. Le set finit brutalement au bout de trois quarts d’heure, à l’image de la furie déconcertante à laquelle on vient d’assister.

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Le temps de se remettre de cette claque sidérale, certains se voient offrir un cheesecake par un bar en train de fermer et marchent vers le dernier plateau du festival, alors que d’autres tentent une plage de repos dans le line-up avec BEACH HOUSE. Même si on apprécie ce groupe, on doit l’avouer, une partie d’entre nous n’a jamais vraiment réussi à entrer dans leur univers. La musique douce et vaporeuse des américains ne manque évidemment pas d’élégance ni de poésie, notamment pendant les premiers titres où les envolées de guitares perçantes d’Alex Scally font parfaitement écho à la voix grave de Victoria Legrand. Mais au fil d’un jeu de lumière inexistant et de titres proposés sans guère de conviction, on peine à décoller après s’être fait sévèrement secouer tout au long de la journée.

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Beach House 01

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Mais voilà, si le festival est décoré de petites fleurs dans tous les coins, SHELLAC en est le bouquet final. L’explosion ultime. La décharge à 100 000 Watts, du genre imprévisible, qui colle une branlée cosmique indescriptible, entre un jeu de scène théâtral parfait et des compositions d’une justesse à faire monter les larmes. Si sur album l’ensemble ressort en lo-fi un brin expérimental, la délivrance live est époustouflante de sincérité, de tout ce qui nous touche en ce monde. Tout est à la fois extrêmement précis au millimètre et pourtant déstructuré, fou, d’une audace sans égal. On ne s’attendait pas à voir un Bob Weston tenir la même note de basse pendant 15 minutes. On ne pensait pas suivre des yeux, la mâchoire décrochée, chaque mouvement de baguette d’un Todd Trainer au jeu incroyable. On ne se doutait pas qu’on finirait subjugué à ce point par les élucubrations d’un Steve Albini mathématicien des cordes… Depuis le balcon de la grande salle, le ballet des crowdsurfers est hypnotique, les t-shirts tombent, on assiste simplement à un moment unique. Merci SHELLAC, « defenders of fun » ! Le trio passe un moment à serrer des pognes et échanger avec qui veut après le concert. D’une humanité désarmante…

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Shellac 03

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This Is Not A Love Song, ce ne sont pas seulement ton cadre fleuri, ton staff de bénévoles chaleureux, ton public agréable et délirant qui nous ont touché au cœur. Ta prog’ proprement magique, qu’on la connaisse ou qu’on la découvre, nous a installé un sentiment de confiance absolue. Nous reviendrons te rendre visite. Tu ne veux pas nous fabriquer une collection Hiver ?!

Texte © erisxnyx, MA et BA pour STBC
Photos © Bastien Amelot et erisxnyx pour STBC
Remerciements au TINALS

 

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