Live Reports & Pics

TIJUANA PANTHERS + SPA MASSAGE (20/07/16) – Espace B

Ça fait déjà un petit mois que je vois la date se profiler. « 20 juillet TIJUANA PANTHERS/SPA MASSAGE à l’Espace B ». Je l’attends, la déguste d’imagination et l’appréhende en attendant de la vivre. .

La première partie, c’est les copains, SPA MASSAGE ; et je dirai même plus : un groupe qui tient la route. Tout neuf tout jeune, à peine un an dans les pattes… Ils viennent d’agrandir la formation qui passe au nombre de 4. C’est justement leur premiere fois rue Barbanègre ce soir, passage obligé pour tout groupe garage qui se tient dans le coin.

TIJUANA PANTHERS c’est un trio garage-surf-psyché, aperçu pour la première fois à Paris il y a deux ans (voir ici), constitué de Chad Wachtel (guitare, voix), Daniel Michcoff (basse, voix) et Phil Shaheen (batterie,voix). Originaires de Long Beach, ils règnent sur la ville du compté de Los Angeles, le spot de surf n°1. Ils ont déjà fait leur preuve en Europe et ses festivals, c’est pourquoi il est un peu surprenant de les retrouver à l’Espace B, trois albums plus tard.

Mais rien ne se passe jamais comme prévu. Nicolas, l’un des chanteurs guitariste de SPA MASSAGE se fait attendre. Il devait quitter l’île de Naxos où il passait ses vacances il y a déjà bien longtemps mais la météo grecque n’en a pas décidé ainsi : la mer trop agitée a fait annuler le bateau, l’avion a été retardé à cause d’un vent mauvais et la piste d’atterrissage d’Orly n’était pas en règle à l’arrivée… Malmenée par cet épisode mythologique, l’organisation s’activent en backstage avec les groupes.
Le concert commence doucement par une jam qui se transforme en un joyeux et joli bordel malgré le stress ambiant. Des membres issus de toutes les formations, déformations et reformations s’y mettent : Un Cannery Terror prend la basse, un Thunderlips au chant/guitare et le reste de l’équipe SPA MASSAGE.
21h40 : Entrée de Nico, soulagement et sourire général dans toute la salle. Le branchement anarchiste et rapide nous fait profiter de trois chansons du groupe en formation complète. L’honneur est sauf mais la déception lisible pour le groupe. Fan avertie, je ne peux que vous conseiller de ne pas rester sur cette expérience et au contraire, de venir danser avec eux très vite. Ils en valent le coup !!

13840493_10210654323377605_722869226_o

Entre deux bières, trois débriefs et mille cigarettes, je me précipite dès les premières mesures dans la salle de concert humide. Le refrain entêtant de «Creature» (un clin d’oeil au Rocky Horror Picture Show ?) retentit ; un titre phare de premier album des TIJUANA PANTHERS. Je vous passe ici plusieurs chansons, certes sympathiques, mais pas immémorables… Des passages pop s’intensifient et se mêlent à des riffs garages et psychédéliques pour un ensemble peut-être volontairement inclassable ? Le milieu de set devient beaucoup plus intéressant : la basse qui claque, les lignes de chant passent du batteur au guitariste en toute liberté et aisance : jackpot. Un cocktail gagnant sur un fond surf assez détendu, un joli trip ensoleillé.

13844179_10210654325017646_352881141_o

Je prépare mes petites questions dans mon coin pour tenter d’en savoir un peu plus sur ce groupe montant venu de Long Beach.

_____________________________________________

 Comment c’était pour vous ce soir ?

Daniel : Génial, mais trop chaud comme au Point Éphémère.

 Qu’est ce que ça fait de jouer à Coachella, chez vous, l’un des festivals californiens les plus emblématiques et ici à l’Espace B ? Comment vous retrouvez vous à jouer à l’Espace B ce soir ? Question d’organisation ?

Phil : Ça s’est improvisé par un échange de dernière minute. Parfois c’est gigantesque, parfois moins… On a joué à Benicassim récemment. Un énorme festival avec notamment Kendrick Lamarck (Bitch don’t kill my vibe), c’était grand, c’était géant. Ce soir on est là.

 Vous aimez faire les deux ?

Phil : Yeah ! Ces concerts sont mes préférés. Je préfère ça à jouer dans un grand festival. Il y a de l’interaction avec le public, c’est bien plus fun. On aime la rencontre avec le local, la première partie, les rencontres du staff…

Beaucoup de monde vous ont vu à Binic (Bretagne) l’année dernière, quels souvenirs en gardez vous ?

Daniel : Super show, on a adoré toute l’ambiance, les gens, l’énergie. Les Sonics était là aussi…
Phil : C’est en France et en Espagne qu’on est le mieux reçu et qu’on s’éclate le plus de tout l’Europe.

Chez Innovative Leisure, vous avez des connexions avec les autres groupes de la production ?

Daniel : Bien sûr ! Innovative Leisure met à l’honneur Hanni El Khatib surtout puis les Allah Las (leur deux albums). On a joué avec eux récemment, ce sont des amis ; tout comme Nick Waterhouse….
Phil : Je suis plutôt proche de Wall Of Death, je les ai suivi en tournée il y a peu.
Daniel : On est de partout sur le globe mais on est de la même famille.
Chad : Oh, j’adore que tu dises ça.

Il se fait tard et les quiproquos ne manquent pas. En cause, mon anglais approximatif… Pas si facile de parler de musique surf avec des amoureux de la planche sur vagues.

13840664_10210654332857842_1134461386_o

 Quel est ce surf que vous pratiquez ? Avez vous des vieilles idoles de la musique surf ? Ou c’est quelque chose de complètement neuf, fabriqué par dérives psychédéliques ?

Phil : Nos influences viennent de Long Beach, c’est plutôt 50’s 60’s mais y’a de tout. Power pop, punk.. On est des gros fans des Cramps, ce genre de truc. On a remarqué que ça plaisait, puis ça a vite poussé progressivement sur les disques. Ça fait du bien de faire des choses qu’on connaît, de les transmettre au public et que ça marche ! C’est peut-être une nouvelle forme de surf…

Qu’est ce qui vous manque le plus, là tout de suite ? Quels sont vos petits trucs pour rendre la route moins pénible ?

Chad : Si on pouvait surfer tous les jours…. Ça ferait la différence direct.
Daniel : Quand on ne surfe pas, on va Washington, Seattle. On mange des huîtres dès le matin. Des huîtres tout le temps, ici aussi à Paris ou encore à Binic… On essaye la bouffe locale. Chad à l’habitude de conduire sur les tournées aussi, ça nous aide bien.
Chad : Oui, j’aime penser que c’est un bon engagement que je fais pour le groupe. C’est aussi un bon moment pour réfléchir sereinement.

 Des préoccupations, coups de gueule autour de la politique ou juste de la vie à déballer ?

Daniel : Je pense à ce qu’il s’est passé à Nice ; c’est terrifiant. Il y a tellement de mauvaises nouvelles ces derniers temps en Europe… On ne tire aucune leçon de ces expériences. On a l’impression d’être bien, voire protégé en Californie. Mais même avec ce qu’il s’est passé en Louisiane et dans le Minnesota (deux personnes abattues par la police) ou partout encore, tout n’a pas été tiré au clair chez nous non plus, il reste des comptes à rendre. Il faut que ça bouge et ça bougera.
Chad : Pour moi c’est différent. Je suis d’accord : la politique, ça craint, mais j’ai tellement plus de raisons d’être heureux que l’inverse. On est super chanceux, on mange de la bonne bouffe, on a une belle vie. Je dois remercier Dieu plus que le blâmer pour ce que je vis.

L’interview prend fin comme elle devrait toujours se finir, par le doux bruit du tintement de nos verres.

__________________________________________

Remerciements à l’Espace B , à TIJUANA PANTHERS et SPA MASSAGE
Texte et photos © Adèle Colonna

0 comments on “TIJUANA PANTHERS + SPA MASSAGE (20/07/16) – Espace B

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :