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ROCK EN SEINE – Dimanche 28 août

Un dimanche un peu moins caniculaire, au programme plus restreint que les deux jours précédents, sonne l’heure de la pré-rentrée pour la plupart des festivaliers. Le dernier jour de cette édition 2016 n’en est cependant pas moins doté d’un line-up plein de promesses plus ou moins tenues…

La journée démarre à l’heure la plus chaude avec un KEVIN MORBY joufflu, tout de lin vêtu, plutôt impassible bien que musicalement irrésistible (« Harlem River » est définitivement l’une des plus belles choses dont aura accouché l’indie des années 2010). Trop éloigné de la foule, le songwriter texan peine à créer un lien avec elle. On le trouvera moins attachant et convaincant dans le cadre d’un gros festival en plein air qu’entre les quatre murs sombres d’une salle intimiste. Et son retour le 11 novembre prochain au Trabendo devrait largement étancher notre soif…

Kevin Morby 05

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Concernant EDITORS, on n’est pas tous d’accord. D’un côté, on trouve le revival post-punk des années 2000 fatigué et boursouflé. De l’autre, on se prend à apprécier des mélodies assez bien gaulées pour animer agréablement l’après-midi. L’entrain du chanteur Tom Smith y est peut-être pour quelque chose, toujours est-il qu’on se prend au jeu sans perdre de vue les belges qui vont suivre.

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On file donc assister à la prestation éblouissante de GHINZU devant son public français épris, après un silence discographique de sept ans. Passant en revue les pépites rock à tendance prog’ des albums « Blow » et « Mirror Mirror » comme autant de madeleines de Proust (on redécouvre avec émotion la dextérité au piano de John Stargasm sur « The Dragster Wave »), les bruxellois présentent également en bonne et due forme quelques nouveautés en attendant le prochain opus prévu pour cet automne. Le flegme belge n’a pas perdu de son effet.

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Nostalgie encore et toujours, si on fait volontiers l’impasse sur les punks à roulettes régressifs de SUM 41, on ne peut que répondre à l’appel de l’Iguane sur la grande scène. Privilégiant la performance « best of » au détriment du récent et classieux « Post Pop Depression » réalisé avec Josh Homme (qui brillera par son absence), IGGY POP se montre à la hauteur de son capital sympathie et de sa réputation scénique, clins d’œil et gesticulations lubriques à l’appui. Malgré le peu d’effervescence dont témoignent ses musiciens fonctionnaires (les STOOGES appartiennent désormais à l’Histoire), on apprécie l’accent porté sur sa période BOWIE. En cette année marquée par la disparition de son co-auteur, « Lust for Life » résonne plus que jamais tel l’hymne éternel de l’idéal punk.

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Enième pinte de bière en main, on verra de loin la fin du set de CASSIUS, sorte d’ode électro aux années 90 à la fois cool et vulgaire, avant de se séparer. D’un côté on se précipite vers la petite scène Pression Live (finalement la plus agréable des quatre) pour ne rien manquer de l’entrée en fanfare de la reine PEACHES. On ne présente plus l’artiste queer canadienne et ses légendaires frasques disco-trash-cul ; son humour et son énergie restent des plus communicatifs. Comme tout au long de sa tournée, elle est accompagnée d’un duo mixte de danseurs exotiques qui portent à merveille, notamment, de flamboyants costumes de vagins satinés (en hommage au titre « Vaginoplasty » présent sur son dernier album « Rub »). Le show se conclura néanmoins assez abruptement après l’envoûtante « Light in Places » interprétée en rappel dans une obscurité quasi totale…

De l’autre côté sur la grande scène, on attend avec impatience ceux qui avaient ouvert notre saison des festivals à Nîmes. Tant les britanniques de FOALS étaient en petite forme en juin dernier, tant ils paraissent bien plus motivés ce soir. Ce concert marquant visiblement la fin de la tournée What Went Down ; en bon leader, Yannis Philippakis mène le jeu bien aidé par ses musiciens, qu’on aimerait quand même voir sortir de l’ombre de temps en temps. En soi, la setlist ressemble à tous les récents concerts, même si le groupe sait maintenant bien y faire lorsqu’il s’agit de chauffer une foule. « Snake Oil » s’avère définitivement leur meilleure entame de concert possible, « Providence » ou « Inhaler » foutant un bordel sans nom, et « Spanish Sahara » restant le plus beau présent que le groupe nous ait offert. Car on ne répétera jamais assez à quel point le second album nous manque sur scène… Dimanche soir oblige, le concert tête d’affiche est un peu plus court que ceux des autres jours, mais le frontman en pleine forme prend quand même le temps de se payer son habituel bain de foule pendant un final bondissant sur « Two Steps, Twice ». Petit bémol de fin, sans doute emporté par la folie de clôture de concert, le guitariste Jimmy Smith balance sa guitare du haut de la scène, celle-ci venant s’écraser à quelques centimètres seulement de nos têtes… On est un peu dubitatif sur ce dernier geste que l’on préférera noyer dans le plaisir ressenti pendant la prestation. N’empêche, vous avez failli ne jamais avoir de report…

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Les lumières officiellement éteintes, les spectateurs aux silhouettes zombiesques s’empressent de quitter le Parc de Saint-Cloud. L’été peut tirer sa révérence…

Photos © Bastien Amelot pour STBC
Texte, Astrid Karoual et Bastien Amelot pour STBC
Remerciements à Rock En Seine et l’agence Ephélide

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