Interviews

Interview : TWIN PEAKS

TWIN PEAKS est avant tout une bande d’amis. Leurs chansons transpirent la complicité, l’enthousiasme juvénile et la fraîcheur. Empreints d’une attitude canaille, les membres du groupe font de la scène leur cour de récréation. S’ils officient dans la sainte scène du rock garage ou tout paraît semblable, leur musique est faite d’expérimentations et de spontanéité se différenciant un peu de tous. Un coup de guitares grasses, un coup de chant à la Mick Jagger, un peu d’insolence : les TWIN PEAKS donnent au corps l’envie de s’agiter et à la tête la pulsion de sourire béatement. Les écouter c’est se sentir envahir par la verve et un chouïa de désinvolture… La formule de la réussite pour ces Chicagoans. Leur passage à Paris quelques mois plus tôt a été l’occasion de discuter avec eux pour en savoir plus.

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On a remarqué que vous aviez créé un sondage sur Twitter à propos de Donald Trump. Que pensez-vous de cet homme politique ?
C’est le pire de tous… C’est le diable. Il représente tout le mal en Amérique [rires] ! On ne l’aime pas du tout. Nous on aurait voulu voter Bernie [Sanders, NDLR], il est sympa.

J’ai entendu dire que vous connaissiez bien les ex-SMITH WESTERNS, est-ce que ce groupe était une influence particulière lorsque vous avez commencé la musique ?
Oui, on avait 16 ans ou quelque chose comme ça. On était au lycée et on les voyait tourner en Allemagne, alors qu’ils étaient très jeunes et qu’ils venaient du même coin que nous. Ça nous a fait réaliser que c’était possible. On écoutait le même style de musique aussi. On est toujours amis avec une partie de la bande des SMITH WESTERNS (les gars de WHITNEY) mais on n’a jamais vraiment été proche des autres [Cullen et Cameron Omori, NDLR].

À propos de WHITNEY, quand on les a interviewés il y a quelques mois, ils nous ont confié adorer Chicago, mais plus pour les gens qui y vivent que pour la beauté du lieu. En tant qu’habitants de Chicago qu’en pensez-vous ?
C’est un bel endroit et une ville géniale. On trouve que c’est le meilleur coin du Midwest. Il y a beaucoup de plages et de lacs à Chicago. On recommande particulièrement les plages en été ! De toute façon en hiver on ne peut pas y faire grand-chose… Enfin si, il y a de très bons restaurants. On traîne particulièrement vers Logan Square, c’est un quartier qui gagne en notoriété en ce moment. Il y a un vrai esprit de communauté qui nous est cher. C’est une ville très découpée, chaque quartier a une identité distincte.

Comment vous souvenez-vous de vos premiers concerts ?
On se souvient particulièrement de la tournée que l’on a faite avec THE ORWELLS. Ces concerts étaient géniaux ! Ils venaient de faire une grosse tournée avec FIDLAR, on était très contents et chanceux de pouvoir jouer en première partie des ORWELLS. Ils viennent de la même région que nous, on a le même âge et on est amis donc c’était un peu la compétition pour voir qui chauffera le plus la foule ! À cette période on se sentait un peu comme les rois du monde. Surtout c’était nos premiers concerts à afficher complet. Jouer devant autant de monde ça a été un grand moment…

Quelles sont, parmi les erreurs que vous avez faites, celles qui vous ont le plus appris ?
Puisqu’on a commencé à jouer à quinze/seize ans, on a eu à gérer pas mal de problèmes. On est parti de rien… Lorsqu’on a joué avec les ORWELLS justement, on avait déjà un peu plus confiance en nous même si on a toujours cru en notre potentiel et en ce que l’on fait. Mais on va dire que ça a été la première occasion de le montrer un peu plus. Et surtout la première fois que l’on a senti que nos projets se concrétisaient vraiment.

J’aime bien l’histoire un peu spéciale derrière « Butterfly ». Est-ce qu’il y a d’autres chansons qui cachent des histoires aussi particulières et insoupçonnables ?
Toutes nos chansons sont inspirées de nos expériences, de là où on a été, de ce qu’on a vécu en tournée etc. Ce qu’on a appris de la vie, finalement. On ne peut rien dire de vraiment spécifique mais nos paroles racontent nos prises de conscience, montrent qu’on a mûri et changé. On parle de nos expériences, celles que tout le monde vit. Par exemple certains de nos morceaux sont à propos de la peur de mourir et de l’anxiété. On a fait de la musique la plus grande partie de notre adolescence, on a grandi avec le rock’n’roll et on essaie juste de partager ça avec le reste du monde.

Qu’est-ce que vous aimeriez que vos chansons provoquent chez ceux qui les écoutent ?
Que les gens puissent s’identifier, se retrouver dans ce qu’on exprime… Que quelqu’un écoute une de nos chansons durant une situation particulière et qu’elle devienne une partie de lui et de son histoire. Quand on était plus jeune on a tous eu des chansons auxquelles on revenait toujours, qui exprimaient des instants précis ou des émotions vécues. On pense que les gens peuvent se reconnaitre facilement dans nos chansons parce qu’on est des gens normaux en fait.

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Y a-t-il quelque chose d’un peu fou ou hors du commun que vous vouliez voir se réaliser, et que vous verriez bien arriver bientôt ?
Ce qui se passe en ce moment c’est déjà fou. Lorsqu’on a décidé de prendre notre carrière musicale un peu plus sérieusement nous ne pouvions jamais imaginer que ça en arriverait là. On n’a jamais été sûrs de réussir et surtout pas de réussir sur du long terme. Notre longévité nous surprendra toujours en fait. Deux dates à Paris en une année, c’est quand même pas mal… Tous les ans c’est un peu une liste de choses extraordinaires qu’on peut ajouter à ce dont on est fiers : jouer dans des gros festivals, dans certaines salles réputées de Chicago, sortir notre troisième album… Tout ça c’est génial. Mais on a le pressentiment que ça va être de plus en plus fou pour nous.

Si vous n’étiez pas membres de TWIN PEAKS, vous feriez quoi ?
On savait tous qu’on voulait jouer dans un groupe, mais on n’a jamais soupçonné qu’on en arriverait là où on en est. Si TWIN PEAKS n’existait pas, on aurait sûrement tous à peu près le même job de bartender et on jouerait de la musique les soirs et les week-ends. En tout cas, on n’aurait sûrement pas continué nos études. On est reconnaissant d’en être là aujourd’hui. On a tous des jobs à temps partiels : on vend des tickets dans des salles de concerts, on gère la venue de groupes, on sert des verres… C’est plutôt sympa mais on rêverait de laisser tomber tout ça pour ne faire que de la musique.

Mis à part la musique, qu’est-ce qui vous passionne d’autre ?
On aime le sport, les films et surtout traîner avec nos amis même quand on est peu nombreux. On adore se poser tranquillement avec nos potes, fumer de la weed, lire etc. Comme on n’a pas souvent l’occasion d’être à Chicago on essaye d’en profiter un maximum dès qu’on en a l’occasion.

Quel est votre plaisir coupable ?
On a vu la plupart des épisodes de Friends [rires] ! Pas mal de séries télé pourries on va dire. De la musique un peu bizarre aussi… On aime le mauvais rap. Chief Keef de Chicago, c’est notre homme. On aime aussi la très mauvaise pop… comme celle de Justin Bieber. Il a fait quelques chansons plutôt entraînantes on va dire [rires] ! Mais sa dernière coupe de cheveux c’était l’horreur. On a entendu une rumeur récemment, il aurait partagé une photo de Donald Trump pour le soutenir. Enfin, quelque chose comme ça… Rien n’est sûr mais ça ne nous plairait pas !

Et la suite ?
On a déjà pas mal d’autres sons prévus puisqu’on est quatre à écrire. C’est vrai qu’au début c’était difficile de trouver une unité au niveau de l’écriture, mais maintenant on a trouvé un équilibre. On joue tellement ensemble qu’on s’adapte assez naturellement au style de chacun, on fait facilement des compromis. Tout le monde ajoute sa touche et on est très heureux de faire de la musique ensemble. Le matériel pour la suite est là mais le processus d’enregistrement d’un nouvel album prend beaucoup de temps. Les tournées aussi… Cela dit nous sommes sûrs que le quatrième album viendra. En tout cas, on continuera à faire de la musique tant qu’il y aura des gens pour nous écouter.

Propos recueillis par Chayma Mehenna pour STBC
Remerciements à Erwan Jule

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